Fête patronale de La Verpillière

Discours d’ouverture de la présidente du BDE (Bureau des Elèves)

Chers pères,
Chers élèves, professeurs, instituteurs et membres du personnel,
Mesdames et Messieurs,

Bientôt dix ans. Dix ans que petits et grands se joignent pour louer et prier le Seigneur, que 1756 élèves et 100 professeurs se retrouvent autour de Marie. Dix ans que l’on se rassemble. Car oui, cette fête patronale si chère et tendre à nos cœurs nous rassemble. Elle nous rapproche dans le partage, l’amitié, la prière, mais surtout dans la joie.

Certains s’apprêtent à découvrir pour la première fois ce qu’est une fête patronale mariste, et d’autres à l’inverse la vive pour la dernière fois. Les premiers ne savent finalement pas vraiment en quoi elle consiste, ce qu’elle apporte, ce qu’on y fait.

Alors, je peux peut-être vous éclairer sur ce qu’est cette journée. On peut y voir une belle occasion de rater les cours, d’oublier un instant les maths et le français. Demandez aux plus petits, et je suis certaine même aux plus grands qu’ils soient élèves ou professeurs, la joie de se rendre à l’école non pas pour étudier et enseigner, mais pour s’amuser, rencontrer, partager.
Mais bien plus, elle est le rendez-vous d’une communauté qui peut se retrouver pour prier autour de Marie. Elle est synonyme de célébrations, de retrouvailles et de traditions. Car dans cet établissement, la présence discrète de Marie est toujours perceptible, que ce soit par l’art, l’histoire, le nom. Et en ce 12 décembre, c’est l’occasion de mettre en pratique l’enseignement de Marie, les valeurs qu’elle porte, que ce soit la générosité, la gentillesse, le partage.
C’est l’occasion de se retrouver autour d’une Sainte qui par ce qu’elle est, parvient à dépasser les cultures, les religions en nous offrant des valeurs qui résonnent en chacun de nous et qui réussissent à nous rassembler en ce jour de fête, mais aussi lors de nos journées d’écoles.

Alors, aujourd’hui on ne travaille pas. Pourtant c’est peut-être la journée la plus enrichissante de notre année. On découvre au travers de témoignages des histoires plus marquantes les unes que les autres. On rencontre de nouvelles personnes et on tisse parfois de nouveaux de liens, on apprend, on se retrouve.
Et même si cette journée n’est pas vécue par tous de la même manière, elle est et symbolise quelque chose de commun et de singulier pour chacun d’entre nous, deux valeurs qui nous sont chères, l’unité et le partage.
De cette scène on/je peut voir ce que ces mots veulent vraiment dire à la Verpillière. Aujourd’hui unité et partage ne font plus figure d’idéal, mais bien de réalité. Ce n’est pas une messe que l’on vit seulement pour soi, on la vit aussi avec les autres. Il vous suffit de regarder.

Regardez autour de vous, oui il y a votre classe et l’un de vos professeurs. Mais un peu plus loin s’en est une autre, différents élèves, parfois plus âgés ou plus jeunes. Les primaires sur les genoux des lycéens, parfois, enfin souvent, plus occupés à jouer avec leurs ainés qu’à écouter.
Dans tous les cas, ce ne sont pas juste des personnes qui vous entourent, c’est une école, notre école. Et aujourd’hui, bien plus que d’habitude, elle rayonne. Elle rayonne grâce à vos sourires, votre enthousiasme et vos rires entre amis.

Car la fête patronale c’est aussi ça, c’est votre joie. Votre joie qui la rend vivante, qui fait de cette journée un moment si précieux. Un moment que l’on attend parce que l’on sait qu’il est porteur de bonheur et de réjouissances.

Alors, je vous souhaite, à toutes et à tous de vivre cette joie, de profiter pleinement de cette journée dans l’unité mariste.

Bonne fête patronale !

Rencontre avec de jeunes séminaristes

Avec les six séminaristes maristes qui se préparaient à leur profession perpétuelle (passant un mois basé à La Neylière pour étudier les Constitutions des Pères Maristes et visiter les lieux d’origine mariste), j’ai visité l’école Sainte-Marie Lyon au campus de La Verpillière. Cette visite était une invitation du directeur en collaboration avec l’équipe de la pastorale de l’établissement.

Quelle journée merveilleuse pour nous ! Nous avons été chaleureusement accueillis par le Père Roger et l’équipe de pastorale qui ont passé du temps avec nous, autour d’un goûter, pour discuter un peu de nos vies. Nous avons ensuite fait une visite de l’école qui a tant de particularités puis nous avons assisté à une messe avec quelques élèves et certains membres du personnel ainsi que le directeur.

Un délicieux déjeuner a suivi. Le moment le plus marquant a peut-être été la visite des salles de classe des trois niveaux de l’école par les séminaristes. Ils viennent du Cameroun, du Togo, de la Nouvelle-Zélande et du Vanuatu. L’intérêt des élèves était remarquable, car ils écoutaient quelques courts commentaires des séminaristes maristes qui parlaient peu de leur vocation. Il y avait beaucoup de questions de type théologique ou de simples questions sur la distance qu’ils devaient parcourir pour étudier à Rome. 

Les séminaristes maristes et moi-même avons été vraiment impressionnés par la journée. L’hospitalité du personnel, l’attitude respectueuse et amicale des élèves puis l’enthousiasme pour l’évangélisation du thé Vampus de Florence ont été très appréciés.

Larry DUFFY, sm

UPE2A à Sainte-Marie Lyon

Sainte-Marie Lyon avait ouvert une classe pour accueillir des enfants migrants dans notre pays, dans ce qu’il est convenu d’appeler une UPE2A, c’est-à-dire d’une unité pédagogique pour les élèves arrivant allophones.

C’était en 2016, à la suite des crimes de DAECH qui poussaient à l’exil des familles chrétiennes d’Irak et de Syrie. Certaines avaient atterri dans la Région lyonnaise, leurs enfants avaient été affectés dans des établissements publics qu’ils avaient très vite fuis, maltraités par des enfants d’origine maghrébine considérant que les nouveaux venus, venant de pays majoritairement musulmans, ne pouvaient être que musulmans… et non des arabes chrétiens, oxymore incompréhensible en France. Sans préparation particulière, sans savoir faire, nous avions accueilli quelques-uns de ces enfants ; des familles de l’établissement avaient créé une association pour nous venir en aide (conversations, aide aux devoirs, invitations pour leur faire découvrir la ville, les accueillir…).

Malgré la différence entre un enfant allophone de six ans qui apprend la langue en même temps que ses camarades nés en France et un jeune de quinze ans supposé suivre un cours de lycée que beaucoup d’adolescents français ont du mal à suivre, nous avons eu la joie de voir la réussite au baccalauréat général de tous ceux que nous avons présentés. Quelle admiration pour leur capacité de travail, de résilience comme on dit aujourd’hui !

Or, depuis trois ans, la situation en Syrie, en Egypte, en Irak, d’où venaient la plupart de nos élèves, s’étant sinon améliorée du moins stabilisée, la population de notre classe d’UPE2A a considérablement évolué : les migrations se suivent et ne se ressemblent pas, contrairement à ce qu’un coup d’œil extérieur laisse croire. Nous accueillons non seulement des migrants non francophones mais des NSA – enfants « non-scolarisés-antérieurement » et même des « MNA », c’est-à-dire des « mineurs non accompagnés » … pauvres êtres humains mis dans l’acronyme administratif du Ministère comme on réduit une piscine à un « MAS » c’est-à-dire un milieu aquatique standardisé ! Migrants pour cause de guerre, de pauvreté, ils n’ont jamais pu apprendre à lire, à écrire, même dans une autre langue, et se retrouvent parfois sans parents, dans un pays étranger.

Camerounais, tchadien, maliens, égyptiens, libanais, roumains, ukrainiens… nous sont envoyés par les autorités académiques. Nous leur faisons la gratuité de la scolarité et de la cantine, l’Académie ne semblant pas savoir que les écoles sous contrat vivent des forfaits et des scolarités payées par les familles. Mais les familles de Sainte-Marie Lyon répondent encore généreusement à l’aide que nous sollicitons.

Aux premiers froids de l’automne, nous avons vu arriver certains jeunes en t-shirts et espadrilles. Leur foyer ne dispose pas de pull-overs, de vêtements ou de chaussures plus chaudes. Une collecte auprès des parents a donné très rapidement un beau résultat. Certains de ces jeunes nous ont demandé de pouvoir parler aux enseignants pour leur exprimer leur gratitude. Ils l’ont fait dans un français approximatif mais le message est parfaitement passé et nous nous sentions presque honteux d’entendre ces mercis. Malgré les difficultés objectives d’enseignement et d’éducation, quelle joie de pouvoir les accueillir dans notre maison mariste, avec l’aide de tous.

Nous avons accueilli aussi quatre Ukrainiens. Ils retrouvent dans le dispositif des Russes ; l’entente est très bonne entre toutes les nationalités ! La classe UPE2A est un lieu de paix où les conflits des pays d’origine, les craintes des français à « accueillir toute la misère du monde » … peuvent être dépassés par une camaraderie vécue au quotidien.

Sainte-Marie Lyon ouvre une UPE2A

Sainte-Marie Lyon a ouvert une classe pour accueillir une part infime des enfants migrants dans notre pays. Le Ministère de l’Education nationale a créé pour cela un sigle dont il a le secret : de même qu’un ballon est pour lui « un référent bondissant » et que nager se dit « Se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé », une classe d’enfants ne parlant pas français se nomme une UPE2A, c’est-à-dire d’une Unité Pédagogique pour les Elèves Arrivant Allophones.

Comme toujours au début de nos histoires il y a des rencontres avec des familles qui demandent de l’aide. Après l’invasion de DAESH dans les territoires peuplés majoritairement de chrétiens en Irak et en Syrie, beaucoup de familles ont choisi l’exil. Elles avaient tout perdu, ou étaient menacées, ou ne pouvaient plus vivre sans se convertir à l’Islam… Quelques-unes ont rejoint une partie de leur famille déjà expatriée en 1991 suite à la guerre du Golfe. Certaine ont atterri dans la Région lyonnaise. La République, dont l’administration a de belles grandeurs, a affecté les enfants assez rapidement dans des UPE2A d’établissements publics.

Ce qu’ignore la République et le Ministère de l’Education nationale en particulier, c’est que des enfants qui ont l’air de loin arabes, sont de facto assimilés par ceux que les français appellent des arabes à des musulmans. Les chrétiens représentent en effet en France une minorité désormais. Mais des arabes chrétiens, ce n’est pas dans notre champ de vision. Nos petits irakiens ou syriens chrétiens, sont donc arrivés dans des classes de primaire ou de collèges de banlieue où les maghrébins étaient sinon majoritaires du moins dominants. Très vite, ces derniers ont considéré que les nouveaux venus, venant de pays majoritairement musulmans, devaient être musulmans. D’ailleurs, ils avaient tout du musulman : le facies et la langue principalement. Bizarrerie : ils ne faisaient pas leur prière, leur mère n’était pas voilée, leur père pas barbu, ils ne pratiquaient pas le ramadan et même… certains ne parlaient pas arabe mais une langue bizarre. L’araméen !

Très vite l’injonction faite à ces petits venant du moyen orient d’être musulman ou d’être isolés ou rejetés a rendu leur vie impossible. Quant aux parents, chassés par DAESH de leur pays, comment pouvaient-ils accepter que, en France aussi, leurs enfants soient rejetés par des musulmans, même si ces derniers n’avaient rien à voir avec DAESH et étaient dépassés par ces déterminismes qui les poussaient à agir ainsi. Les familles ont donc déscolarisé leurs enfants.

La providence a mis sur notre chemin de bons lyonnais ayant recueilli, dans leur appartement pourtant pas si grand, une famille entière. Nous avons cru qu’il était dans notre tradition de venir en aide à ces familles chrétiennes. Sans préparation particulière, sans savoir faire, nous avons accueilli quelques enfants.

Des familles de l’établissement, que nous avons alertées, ont créé une association pour leur venir en aide et nous venir en aide par la même occasion : conversations, aide aux devoirs, invitations pour leur faire découvrir la ville, les accueillir… Dès cette première année, nous avons déposé un dossier de demande d’ouverture d’une UPE2A.

Ce type de classe les caractéristiques suivantes : une vingtaine d’élèves, presque une moitié de semaine en apprentissage du français avec une enseignante spécialisée – et arabophone -, les autres heures étant passées dans une classe d’enfants de leur âge en EPS, musique, arts… voire anglais ou mathématiques. Les objectifs étaient d’abord l’accueil, ensuite l’apprentissage du français, enfin la meilleure scolarisation possible.

Bien sûr la différence entre un enfant allophone de six ans qui apprend la langue en même temps que ses camarades nés en France et un jeune de quinze ans supposé suivre un cours de lycée que beaucoup d’adolescents français ont du mal à suivre, est énorme. Pourtant nous avons eu la joie de voir la réussite au baccalauréat général de tous ceux que nous avons présentés. Quelle admiration pour leur capacité de travail, de résilience comme on dit aujourd’hui !

Depuis deux ans, la situation en Syrie, en Egypte, en Irak, d’où venaient la plupart de nos élèves, s’étant sinon améliorée du moins stabilisée, la population de notre classe d’UPE2A a considérablement évolué : les migrations se suivent et ne se ressemblent pas, contrairement à ce qu’un coup d’œil extérieur laisse croire. Nous accueillons non seulement des migrants non francophones mais des NSA –enfants « non-scolarisés-antérieurement » et même des « MNA », c’est-à-dire des « mineurs non accompagnés »… migrants pour cause de guerre, de pauvreté, ils n’ont jamais pu apprendre à lire, à écrire, même dans une autre langue, et se retrouvent parfois sans parents, dans un pays étranger.

Camerounais, tchadien, maliens, égyptiens, libanais, roumains, ukrainiens… nous sont envoyés par les autorités académiques. Nous leur faisons la gratuité de la scolarité et de la cantine, l’Académie ne semblant pas savoir que les écoles sous contrat vivent des forfaits et des scolarités payées par les familles. Mais les familles de Sainte-Marie Lyon répondent encore généreusement à l’aide que nous sollicitons.

Aux premiers froids de l’automne, dernièrement, nous avons vu arriver certains jeunes en T-shirts et espadrilles. Leur foyer ne dispose pas de pull-overs, de vêtements ou de chaussures plus chaudes. Une collecte auprès des parents a donné très rapidement un beau résultat. Certains de ces jeunes nos ont demandé de pouvoir parler aux enseignants pour leur exprimer leur gratitude. Ils l’ont fait dans un français approximatif mais le message est parfaitement passé et nous nous sentions presque honteux d’entendre ces mercis. Malgré les difficultés objectives d’enseignement et d’éducation, quelle joie de pouvoir les accueillir dans notre maison mariste, avec l’aide de tous.