Notre chemin vers Pâques

Voici un texte qui peut résonner après notre session virtuelle de La Neylière de vendredi 26 mars 2021 pour envisager l’avenir avec confiance.

Malel – L’enfant et la vie – Huile, 2014,
Centre Madeleine Danielou à Rueil-Malmaison

Le mot : « Pâque », en hébreu, veut dire « passage ». C’est la mémoire de cette nuit où le Peuple de Dieu décidé à sortir de l’esclavage d’Egypte, s’est trouvé coincé par la Mer Rouge.

Le peuple s’est trouvé pris au piège entre la cavalerie des armées d’Egypte qui le poursuivait et la Mer Rouge qui lui barrait la route. C’est cette nuit-là que sur l’ordre de Dieu, la Mer Rouge, s’est écartée en deux devant le Peuple de Dieu lui ouvrant ainsi le passage. Ce qui était un obstacle est devenu un chemin. Ce qui bouchait la route est devenu la route elle-même. Passage pour franchir la Mer Rouge d’une rive à l’autre. Passage pour traverser la nuit jusqu’au jour. Passage pour franchir l’accès à la Liberté. Si la Pâque est un passage, cela veut déjà dire qu’il existe toujours au moins un passage.

Nous avons si souvent l’impression que nous vivons dans des impasses. Que nous sommes coincés, emprisonnés, enfermés dans des problèmes sans issues. La Pâque est là, toujours en avant de nous pour nous ouvrir des passages, ouvrir des chemins là où nos yeux ne voient que des murs qui se dressent et qui barrent la route. Par ailleurs s’il existe toujours un passage c’est que nous serons toujours des gens de passage. La Pâque a toujours été une affaire de nomades, une affaire de migrants et de pèlerins.

Si la Pâque ouvre des passages c’est que nous sommes tous appelés à être des passants, à le devenir et à le rester toujours. Dans la Pâque personne n’est jamais « arrivé », tout le monde est tous les jours en route. Nous serons toujours « les passagers » de la Pâque. On ne peut jamais s’installer dans la Pâque. On est toujours en route et en chemin. C’est pourquoi le Croyant vit en marchant, en campant, en route, en chemin. La Foi conduit à Pâque parce qu’elle se vit toujours dans le provisoire. Être Croyant c’est un appel, c’est une vocation à ouvrir des passages, à découvrir des nouveaux chemins, à tracer, à dégager, à baliser des nouveaux sentiers. « La Pâque », le passage, cela veut donc dire aussi un chemin, un sentier ou une autoroute, mais toujours une issue.

Si la Pâque est un chemin ouvert, un chemin grand ouvert, c’est Jésus lui-même dans l’évangile qui nous dit que c’est lui le chemin,le passage de la Pâque, ce n’est pas une chose, ce n’est pas une réponse toute faite, ce n’est pas une vérité dans les livres, c’est toujours Quelqu’un, c’est toujours une Personne, le passage c’est toujours Dieu lui-même. Dieu n’est jamais un monument, une basilique, une statue ou une cathédrale, Dieu c’est toujours un chemin, un passage, une ouverture. Dieu n’enferme jamais, il n’emprisonne jamais. Dieu n’est jamais un savoir mais toujours Quelqu’un. Dieu ne cherche pas à nous « avoir », à nous « posséder », à nous compter dans ses clients ou sans sa clientèle, Dieu ne cesse de nous appeler : « lève-toi et marche… » Dieu n’est pas un chemin obligatoire, Dieu n’est pas un sens obligatoire comme une loi, Dieu ouvre un passage et ce passage est celui de la liberté parce que cette Pâque est celle d’Amour… La Pâque c’est la Parole de Dieu même qui appelle chaque personne à s’humaniser parce que c’est l’humain qui est la seule image et la ressemblance de Dieu. La Pâque de Dieu c’est l’Homme.

Le Croyant c’est le jardinier de Dieu.

Jean Debruynne
Prêtre de la Mission de France et Poète (1925-2006)

Beau chemin vers Pâques !

Message du Provincial aux communautés éducatives pour la rentrée de novembre

Paris, le 2 Novembre

Chers ami(e)s et collègues,

Cette  fin de semaine, dans le calendrier liturgique de l’Église, nous célébrons la vie de ces hommes et femmes de foi qui nous ont précédés et qui jouissent maintenant de la présence de Dieu, et nous commémorons aussi tous ceux et toutes celles qui aspirent à voir Dieu face à face (Ps 131). 

C’est dans cette perspective que nous honorons la mémoire de M. Samuel Paty en tant que collègue et victime d’un acte horrible et inhumain. En évoquant sa mort, nous pensons aussi aux autres victimes de la violence dont la vie a été tronquée, en particulier ces dernières semaines en France. Leur mort nous invite à accueillir clairement le message du Christ: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force… et tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mc 12, 31).

Jésus lui-même, parce qu’il a dit ces mots et mis en pratique ce commandement, a été fortement critiqué, sans ménagements et sans pitié. Il a répondu à ses adversaires, et en même temps il les aimait. Ce message d’amour ne vise pas à produire un sentiment affable, mais plutôt à nous faire accepter cette vérité, à savoir que chaque personne a sa place dans la vie et dans le contexte national, une place aussi précieuse que la mienne. C’est le défi du message de Jésus.

En tant que disciples, nous nous considérons à la fois comme des pèlerins en chemin et comme aussi comme des étrangers – « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». L’intolérance, les préjugés et les crimes de haine à motivation religieuse, peu importe qui les commet, doivent être combattus et réfutés. C’est la responsabilité de toutes les personnes de bonne volonté. La foi et les valeurs chrétiennes, ou celles de toute autre conviction, ne sont pas menacées par la diversité des croyances. Elles sont menacées par les atteintes à la liberté d’expression.

Les événements récents montrent bien que l’éducation est un service et un ministère exigeant, essentiel, aussi bien pour chaque personne que pour la société toute entière. Au moment où les communautés scolaires reprennent cette semaine leurs cours, prions tous ensemble pour nos élèves, leurs familles, pour nos enseignants et les personnels.

En nous appuyant sur la grâce de Dieu et inspirés par Marie, la première disciple, nous redoublons de détermination pour construire ensemble une société fondée sur le message d’amour qui favorise la fraternité, la solidarité et le respect entre toutes les religions et cultures. La fidélité à nos origines n’exige rien de moins!

Je vous souhaite tout le succès possible pour le prochain cycle scolaire.

Martin McAnaney sm

Provincial

Fête de l’Annonciation

Fête de l’Annonciation
Qu’il me soit fait…
La Parole a été faite chair…

Chers Maristes,
En tant que responsables des quatre branches religieux de la famille mariste, nous vous saluons en cette fête de l’Annonciation. Marie est notre mère et notre modèle, notre première et perpétuelle supérieure, et nous nous tournons vers elle dans notre effort pour vivre plus pleinement notre propre «oui» au Dieu qui nous appelle chaque jour à entrer plus profondément dans le mystère de l’amour de Dieu.

Ces dernières années, nous avons partagé plusieurs expériences : la célébration du bicentenaire de la promesse de Fourvière ; les rassemblements internationaux de jeunes — celui du Guatemala en janvier 2019 fut pour nous une expérience marquante. Ces expériences ont fait que notre sentiment d’unité comme Maristes s’est renforcé, même qu’il a pris le pas sur notre qualité de membres de telle ou telle congrégation. Cela nous rappelle un fait d’histoire : pendant les premières années en France, nos fondateurs ont d’abord demandé à être reconnus par Rome comme formant une Société, laquelle prévoyait dès le début une branche de laïcat mariste…

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